La photographie dans les réseaux sociaux. Sommes-nous tous des photographes en herbe ?

Chaque jour, 350 millions de nouvelles photos sont téléchargées sur Facebook. Le réseau social abrite au total 240 milliards d’images, soit 30 fois plus que Flickr et 70 fois plus qu’Instagram. Snapshat, quant à lui, compte 150 millions de nouvelles images téléchargées chaque jour.

Ces chiffres ont de quoi nous faire tourner la tête, mais nous incitent également à nous poser la question de l’intérêt d’être présent sur les réseaux sociaux en tant que photographe.

Source : photojojo.com

Source : photojojo.com

Tous photographes ?
350 millions de nouvelles photos téléchargées chaque jour sur Facebook. Le nombre de photographes aurait-il explosé ? Il n’y a pas besoin de mener une étude bien poussée pour constater que la majorité des photos partagées sur les réseaux sociaux sont de l’ordre du privé. Centrées autour du « moi », elles racontent notre vie, nos vacances, nos enfants, « nous » sous notre meilleur jour, « nous » sous les palmiers de Saint Tropez etc.
Comme le démontre l’infographie ci-dessous, réalisée par piJnz, agence de communication spécialisée dans la création de sites mobiles, cette explosion de l’image sur internet est en partie due à la démocratisation de la téléphonie mobile.

Source : piJnz

Source : piJnz

Au bureau, à la maison, en vacances, l’accès aux réseaux sociaux est possible constamment. Mais alors, que se cache-t-il derrière ce besoin de partager constamment des images. Grâce au smartphone, nous sommes-nous tous découverts une passion cachée pour la photo ?
Michael Stora, psychanalyste spécialiste des addictions aux jeux vidéo, plaiderait plutôt pour un besoin constant de combler sa vie. Triste constatation, mais qui, en réfléchissant bien, ne serait pas loin du réel, n’est-ce pas ?
En même temps, avant les smartphones, notre vie n’était pas si vide que cela. Alors, pourquoi ne pas se dire que nous sommes tous des photographes en herbe qui n’attendions que ces nouveaux outils pour se révéler au grand jour. Plus positif, non ?

La conversation prime sur le contenu et la qualité
Nous avons opté pour l’option « nous sommes tous des photographes en herbe ». Alors, pourquoi continuer à produire, vendre, et acheter les derniers appareils photos reflex comprenant les technologies les plus innovantes? Est-ce une perte d’argent et de temps ?
Un autre grand débat s’ouvre, que nous ne pourrons malheureusement pas traiter dans cet article, tant ce dernier est vaste.
L’avènement des réseaux sociaux et des smartphones est en effet à l’origine d’une nouvelle sorte de photographie.
Quand les Cartier Bresson, Robert Doisneau, Stanley Greene ou autres photographes prônent (aient) la qualité de l’image et de la composition, les nouveaux photographes mobiles recherchent la quantité de followers, le nombre de likes et de commentaires vantant les mérites du sujet photographié.
Sur les réseaux sociaux, ce n’est donc plus la qualité de l’image qui prime, mais ce que l’on va lui faire dire.
Alors, finalement, serions-nous tous des photojournalistes en herbe ?

Quel intérêt pour moi, photographe, d’être présent sur les réseaux sociaux ?
Je vous vois bien, vous, « vrais » photographes, derrière votre écran à bondir à la lecture de chaque nouveau mot de cet article…
Photographes de métiers, vous êtes convaincus que vous apportez encore une valeur ajoutée, et vous avez bien raison !
La photographie mobile reste de la photographie mobile. Les photos de vacances restent des photos de vacances.
Mais alors, parmi ces millions de nouvelles images partagées chaque jour sur les réseaux sociaux, comment trouver sa place et se faire repérer ?
Et bien, en choisissant les réseaux sociaux les plus adaptés à votre communication. En réfléchissant en amont à votre ligne éditoriale, votre stratégie de contenus, en pensant à votre cible, à l’image que vous souhaitez donner.
Bref. En faisant tout l’inverse de tous ces « photographes en herbe ». En réfléchissant avant de poster une photo, une série, ou une image de vous sur un shooting photo.

La clé du succès ? Une stratégie de communication construite et réfléchie !

 

En savoir plus :

Regardez voir. La photographie dans les réseaux sociaux – France Inter

Photojournalistes, avouez-le, Instagram, c’est pas si mal !

 

Lire aussi :

Avez-vous réfléchi à votre stratégie sur les médias sociaux ?

Comment définir la ligne éditoriale de votre blog ?

2 comments for “La photographie dans les réseaux sociaux. Sommes-nous tous des photographes en herbe ?

  1. AlecF
    16 mai 2014 at 17 h 00 min

     » Michael Stora, psychanalyste (…), plaiderait plutôt pour un besoin constant de combler sa vie.
    (…) pourquoi ne pas se dire que nous sommes tous des photographes en herbe qui n’attendions que ces nouveaux outils pour se révéler au grand jour. Plus positif, non ?  »

    Pourquoi face à une réalité susceptible de nous amener à nous remettre en cause, doit on forcément accepter ou se faire raisonner à un argument « plus positif » ?
    Dictature de la positive attitude ? Lunettes roses ou oeillières du bonheur insouciant ?

    Loin de moi la volonté de dénigrer le rédacteur de cet article mais de quel droit un blog photo, si bon soit-il, se permet-il de rectifier une conclusion d’un psychanalyste qui a fait sa spécialité de ce genre de phénomènes ?

    Non, nous ne vivons (malheureusement) pas dans le monde idéal des bisounours et il peut être nécessaire de nous interroger sur l’utilisation de nos nouvelles technologies et leur intégration dans notre quotidien, même si l’on doit se rendre compte que nous sommes peut-être dans l’erreur ou la quantité au détriment de la qualité …

  2. Justine
    22 juillet 2015 at 22 h 06 min

    personnellement je photographie et photographierai toujours avec un appareil, un bel appareil cher certes, mais bientôt moins cher que tout ces smartphones.
    La photo sur smartphone incite à faire ce que l’on fait de plus en plus à nos jours: la retouche. C’est pourquoi je favorise la photographie argentique qui pour moi est la plus magique. On a un nombre limité de photos, ce qui nous pousse à chercher ce qui vaut une belle photo ( (et non notre nouvelle paire de louboutins qu’on va publier sur un réseau quelconque..), on attend patiemment pour saisir le moment parfait puis lorsque la photo est prise, on attend de la faire développer puis de partager des souvenirs . Avec tous ces réseaux sociaux qui poussent les ados à prendre des photos et à attendre les likes, la photo va finie par être quelque chose de banal, quelque chose qu’on pense maîtriser alors que la photographie est un art qui s’apprend !
    j’ai 17ans et ça me désespère de voir tout ces ados qui photographient encore et encore avec leurs supers smartphoneq payés 600€, ça me désespère aussi de voir tant de photos retouchées… mais où est le vrai du faux ?

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